La crise de la presse papier semble insoluble. Pris en étau entre la chute inexorable des ventes et la concurrence gratuite du web, les journaux se sont convertis au web malgré eux, pour conserver ce qui leur reste de « visibilité » et leur crédibilité, mais les recettes publicitaires provenant du net ne permettent pas de faire vivre une rédaction. Alors comment faire vivre un journal aujourd’hui ?
Rue89 est le premier journal d’information à avoir opté dès sa création pour le modèle internet, tournant délibérément le dos au papier. Fondé par des anciens de Libé, Pascal Riché, Pierre Haski, Laurent Mauriac, Arnaud Aubron. Rue89 est aujourd’hui un des sites d’information les plus visités, derrière Le Figaro, mais devant Libération.
Dans ce type d’aventure l’équilibre financier s’apparente à une véritable quête du Graal, aussi le titre cherche des solutions innovantes. Ainsi, Rue89 ne se contente pas d’une rédaction classique, il s’appuie également sur ses lecteurs, les « riverains », qui participent activement à la vie du support en proposant des articles qui seront approuvés ou non par la rédaction de Rue89. Cet été Rue89 va faire de la formation pour les journalistes qui veulent se former à l’écriture pour le web (le programme, ici).
Ce stage de formation n’est pas une mauvaise idée, car on voit mal comment l’information pourrait seule faire vivre les journaux sur le net. Médiapart a choisi le modèle payant, ce choix cantonne le site à une cible sûrement fidèle, mais très (trop ?) homogène et restreinte. Le choix de Rue89 a l’avantage d’être très ouvert, très « visible » sur le net et capable de fidéliser un lectorat plus large. On pourrait d’ailleurs imaginer des opérations de diversifications très intérêssantes pour les internautes, comme des conférences sur divers sujets connexes à l’actualité, pourquoi pas des voyages à thèmes organisés avec des journalistes-guides.


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